Résumé de la 4ème rencontre “L’expérience du cadre” par Marie-Julie Catoir-Brisson

Cette quatrième rencontre du programme “Métamorphose des écrans” a eu lieu le 11 mars 2014 à la MSHA (Université Bordeaux Montaigne), en visio-conférence avec le laboratoire de résistance sémiotique (UQAM) à Montréal.

 « DES SIEGES POUR LES ECRANS » PAR ANNE BEYAERT-GESLIN

A partir de la distinction entre la notion de cadre comme contour et comme bordure, on peut distinguer le cadre des écrans numériques de celui du cadre artistique. L’écran se confond avec le support formel de l’image, et les images deviennent des interfaces qui permettent un dialogue avec les usagers. Les ordinateurs et les tablettes impliquent le corps de manière différente. Ils semblent modifier la façon de s’asseoir et invitent à redéfinir les poses du corps entre deux supports. Les sièges supportent le corps et constituent à la fois une tension sociale et cognitive. La sémiotique tensive permet de mettre en relation l’intensité et l’étendue du corps. Ainsi, la position du corps est immobile avec l’ordinateur (face à face) et devient mobile avec les écrans portatifs comme le téléphone. Plus l’objet se miniaturise, plus le corps est libéré vis à vis du support. La mobilité des écrans redéfinit ainsi le corps.

Anne Beyaert-Geslin est Pr. à l’université Bordeaux-Montaigne et membre du MICA. Elle est spécialiste de la sémiotique visuelle et de la sémiotique du design. Ses plus récentes publications sont « Arts et sciences : approches sémiotiques et philosophiques des images » (avec Maria Giulia Dondero, au Presses Universitaires de Liège, 2014), L’image artistique à l’ère de la reproduction numérique, Sémiotique visuelle et interfaces, revue Interfaces numériques, volume 2 n°2 (avec Marie Renoue, éditions Lavoisier, 2013) et Sémiotique du design (PUF, 2012).

« U CAN’T TOUCH THIS ! LE CADRE ET LES OEUVRES NUMERIQUES » PAR LINE DEZAINDE

L’analyse d’œuvres issues de l’art numérique (celles de Luc Courchesne ou de Ryoji Ikeda par exemple) permet de mettre en exergue l’immersion du spectateur, englobé dans le dispositif. Le cadre tend ainsi à se dématérialiser, se déplacer ou se métamorphoser, comme le montrent les œuvres situées dans la ville. Le cadre de l’œuvre est ainsi augmenté par le numérique, et les œuvres construisent de nouvelles significations à chaque nouvelle combinaison du support avec l’environnement qui l’entoure (produisant ainsi des ambiances, des atmosphères). L’immersion se fait aussi au travers du son et au travers du corps qui peut être engagé dans l’interaction avec l’œuvre. Cependant les plateformes interactives fonctionnent plutôt dans une logique de réactivité (entre l’action du spectateur et la réaction du système). Les œuvres de l’art numérique ne produisent pas de cadre qui permettent pas de créer de la distance ; elles mettent alors en doute l’expérience du monde contemporain.

Line Dezainde est artiste des arts numériques (vidéo, art sonore, installations) et doctorante en sémiologie à l’UQAM. Traductrice et musicienne, elle est aussi secrétaire du Conseil d’Administration de Sporobole, centre en art actuel situé à Sherbrooke.

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